Le Mac/Val: une quiche dans un musée d’art contemporain.

Publié le par Sarah

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Lorsqu’il s’agit d’art contemporain je suis une vraie quiche. Je n’y connais absolument rien et j’ai même envie de te dire que j’y suis hermétique comme une bonne soupe Campbell de mon pote Warhol.  C’est alors qu’un jour de grand froid, emmitouflée dans une chaude couverture, devant une énième redif de Xéna, le doute s’est emparé de moi.  Au fond, ce n’est pas comme si j’en avais vu beaucoup des expositions. Et si une belle histoire d’amour était possible entre l’art contemporain et bibi ?


J’ai mis de côté tous mes aprioris et j’ai décidé de bouger mes fesses ; surtout que maintenant il y a moins de chance que mes fesses s’écrasent sur le sol  pour cause de neige. Une fois ce double constat établi, je me suis « empressée » de choisir un musée et une exposition. J’ai mobilisé mes quelques neurones et je me suis souvenue qu’il existait un musée d’art contemporain spécialisé pour les belles et grosses quiches comme moi : le Mac/Val à Vitry-sur-Seine.


Oh, mon Dieu ! Je viens de dire un vilain mot : le nom d’une banlieue. Et il ne s’agit pas d’une salle municipale avec deux dessins encadrés. C’est un vrai musée, comme dans le vrai monde parisien, sauf que pour y aller il m’a fallu plus d’une heure.


Je ne peux que saluer cette initiative. La culture ne devrait pas se limiter aux beaux quartiers et à ses petites personnes bien cultivées, qui savent se tenir et ne brûlent pas de voiture. Je pars d’un constat assez simple pour apprendre à aimer l’art, il faut l’expérimenter. Et rien de mieux qu’un musée pour concrétiser cette approche. Ce n’est pas comme si tu pouvais découvrir de belles croutes au centre commercial ou au McDo.


Donc, revenons à ma petite histoire de visite du Mac/Val. Après un bus, un métro, un bus et un dernier bus, j’y suis arrivée !!! Déjà petite danse de la victoire pour ma motivation. Je dois bien avouer qu’une fois arrivée sur Paris, j’ai eu une forte envie de me diriger vers le premier cinéma qui croisait ma route. Mais, je suis restée forte et motivée jusqu’au bout.


C’est un imposant bâtiment, d’une blancheur digne des meilleures publicités pour dentifrice, qui m’a accueilli et il n’y avait même pas de vilains tags. L’entrée est gratuite pour les étudiants,  les moins de 26 ans et les chômeurs ; pratique si ton budget est en plein régime hyperprotéiné. Toutefois, si tu es vieux et que tu bénéficies du  luxe de travailler, il t’en coutera la petite somme de cinq euros; tu te priveras aisément de ton frappuccino quotidien chez Starbucks.


Pour la presque première fois de ma vie, je me suis confrontée à de l’art contemporain pendant près de deux heures. J’ai commencé en douceur avec l’exposition temporaire « Let’s dance » qui questionne le besoin de se remémorer et de célébrer les événements de nos vies. Je suis happée dans une grande salle et dans un silence quasi religieux je me suis baladée, les yeux grands ouverts, tout en essayant de ne rien casser. C’est l’une de mes plus grandes hantises, un faux mouvement et je viens de supprimer des heures de travail, de réflexions et de créations. (Ou un truc très très moche)


J’ai bien essayé d’avoir l’esprit ouvert, de ressentir, de me poser des questions face à ce crâne humain sublimé par des trous en formes d’étoiles, devant une pile de journaux et un vase rempli de fleurs en plastiques. Mais, plus je les observais, plus cette sensation de soupe Campbell m’imprégnait. Je ne ressentais rien face à ces œuvres, sinon une envie de faire pipi.

 

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Toutefois, j’ai pu percevoir des signes d’espoirs, lorsqu’un mur composé d’horloges, (Tide de Darren Almond) m’a donné la petite impression d’être dans un épisode de Lost. Et lorsque j’ai eu un énorme coup de cœur déco sur une énorme boule à facette constituée de rétroviseurs cassés (Stuart Haygard – Miror Ball). Cependant, si je veux ma grosse boule à moi je dois déménager dans un énorme hangar et mourir de froid ne pouvant le chauffer correctement.

 

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Puis, il a bien fallu passer à la seconde salle (bien plus grande) qui contient l’exposition permanente du musée. J’ai rassemblé le peu de volonté qu’il me restait et je m’y suis rendue ; il fallait bien que je trouve des toilettes afin de satisfaire mon envie pressante.


A ma grande surprise, je me suis mise à ressentir à peine mes yeux se sont posés sur la première œuvre croisée. Et il ne s’agissait pas d’une histoire de pipi, j’étais bien capable d’apprécier de l’art contemporain.  L’influence salvatrice de Xéna sûrement. Ce n’est pas évident de vous donner des raisons concrètes sinon que je parvenais à appréhender le message de l’artiste, son humour, son message. Désolée, avec les fleurs en plastique dans un vase moche, rien ne passe.

 

Ce n’était pas un cas isolé, l’effet a perduré sur plusieurs autres créations. J’étais toute excitée au point de sortir mon appareil photo et de prendre le risque de me faire taper sur les doigts. On a le droit de prendre des photos dans un musée ? Franchement une pièce pleine de balançoires design c’est trop la classe. Seul inconvénient, interdiction de s’asseoir.


Ces productions étaient bien plus ludiques, interactives, tout en nous apportant une réflexion, une opinion. Une toute autre atmosphère régnait, les personnes parlaient, riaient, interagissaient bien plus avec l’art. Je suis une quiche, je n’y connais pas grand-chose, mais si demain je me transformais en artiste j’aimerais produire des réactions, des interactions avec les spectateurs. C’est peut être ce qui fait que j’ai toujours et profondément aimé le cinéma.


C’est à la fin de l’exposition, dans le dernier couloir, quand l’inscription EXIT te fait de l’œil, que j’ai ressenti un coup de foudre. Il ne s’agissait pas d’aimer vaguement, d’être interrogé ou même de rire, c’était bien plus profond. Je me suis retrouvée à observer la même chose pendant 10 minutes, tout en réalisant qu’il y avait encore à regarder et à comprendre. Son petit nom est La Gégène et elle est parfaite, réunie toutes les qualités qui me plaise, du son, de la lumière, de la vidéo, des automates électriques, une mise en scène et un message fort. Son papa se nomme Malachi Farrell, né en Irlande en 1970, il vit en France depuis plusieurs années et je tiens à remercier Wikipédia pour ces informations.


Je vais faire mieux que de te la décrire, j’ai trouvé une petite vidéo afin que tu puisses visualiser l’ensemble. J’aime vraiment lorsque les œuvres utilisent plusieurs médias, y ajoutent un côté ludique, interactif et avec un brin d’humour. En tout cas, j’y suis bien plus réceptive.

 

 

 


Grande nouvelle, Sarah quiche officielle, je suis capable d’aimer de l’art contemporain. Enfin, pour rien au monde je ne veux encore affronter les fleurs en plastiques et le crâne étoilé. Il y a des limites quand même. Et les toilettes du Mac/Val sont propres.


Merci Xéna.

 

Sarah.


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Publié dans Chéri - si on sortait

Commenter cet article

more here 08/01/2015 07:31

Looks like you are indeed a visionary and it looks like you do have much more to impress us than just some data. This is a unique work of art and it requires nothing much to say as a description.

Fofifonfec 12/01/2011 19:03



Attends, tu bois un Frappuccino TOUS LES JOURS???? (remarque la provinciale qui n'a
même pas un Starbucks dans sa ville ni même dans son département, mais qui
a eu le reste quand même et vi, ça avait l'air intéressant ce truc. Tu vas donc retenter l'expérience je suppose ? 



Sarah 12/01/2011 22:45



Ma petite bourse d'étudiante est loin de pouvoir subventionner un frappucino tous les jours. Mais il y a bien des parisiens qui prennent tous les jours leurs petits déjeuners chez papi et mamai
starbucks. Comme tu le dis si bien, on peut très bien vivre sans frappucino.


Vais-je retenter une expérience d'art contemporain ? Surement, un jour, mais pas demain.



heidi 30/12/2010 16:21



Ben génial que cette approche de l'art t'es permise de mieux appréhender l'art contemporain ;-)



heidi 29/12/2010 20:59



Génial !


 



Sarah 29/12/2010 22:20



Je ne sais pas ce que vise le Génial, mais dans tous les cas MERCI !