Le douloureux retour de vacances

Publié le par Sarah

 

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Dimanche, il est 14h00, tu t’apprêtes à monter dans ta polo sans climatisation, mais avec fenêtres, le coffre chargé de vêtements douteux après deux semaines d’activités « intenses » et de « soleil » et tes vélos qui tiennent par magie sur ton vieux porte-vélo dont il manque deux sangles. D’ailleurs, tu passeras tout le voyage à jeter des coups d’œil dans le rétroviseur pour vérifier qu’aucun vélo ne t’a abandonné en cours de route causant un énorme accident et la mort de millier d’innocents…Ai-je serré assez fort la sangle 


Tu regardes une dernière fois ce paysage estival composé de mer, de ciel et de petites maisons blanches, le cœur serré tu repenses aux bons moments, à ces balades en vélo, à ces longues siestes, aux centaines de crêpes englouties (pointe de culpabilité), à la plage que tu regrettes déjà et tu te dis que « bordel deux semaines de vacances ça passe trop rapidement ». Mais ton compte bancaire est formel tu dois grimper dans cette voiture, affronter les heures de route sous le soleil. Car bien sûr la journée la plus chaude, tu vas la passer dans une boite de métal sur quatre roues.


Tu as prévu le coup, tu portes ton dernier leggings que tu as sauvé du linge sale (de la valise de linge sale) pour ne pas avoir à subir les frottements du tissu du siège…Mais à peine rentrée et assise tu réalises que la voiture est sous le soleil depuis plus d’une heure et qu’elle s’est transformée en fournaise, alors tu n’as qu’une seule envie c’est d’être en culotte…Face au dilemme CHALEUR/FROTTEMENT tu dois trancher…En même temps tu ne te vois pas supporter les regards des automobilistes sur tes sous-vêtements pendant les bouchons. Tant pis, tu vas transpirer, perdre un peu, beaucoup d’eau…Espérons même des litres pour contre balancer les crêpes.


Un dernier adieu de la main, une petite larme à l’œil, elle va te manquer cette Bretagne, tu jalouses un instant les mamies et les papis qui y vivent toute l’année, cette tranquillité, ce calme, ces commerces de proximités, acheter des légumes frais tous les jours, manger des crêpes, du beure salé et encore des crêpes toute l’année. A ce moment, tu as envie d’être provinciale, de tourner le dos à Paris, sa banlieue, ses musées, ses cinémas, ses restos et son métro. Faire face à la mer ça n’a pas de prix…


Enfin si, et c’est là tout le problème, alors ma cocotte tu vas arrêter de rêvasser et filer ta carte bleue pour payer l’essence. Ainsi, ton bolide fonce à 130 avec grande difficulté sur l’autoroute. Tu viens officiellement de terminer tes vacances, tu as tourné le dos à cette petite et charmante ville du Pouliguen et devant toi des centaines de kilomètres qui te séparent de « la maison ».


Environ 450 km, soit quatre heures et trente minutes pour être plus précise. Et pour toi c’est long, mais très long…Alors, tu as mis au point une stratégie, assez simple toutefois : DORMIR. La veille tu n’as pas très bien dormi, bien trop occupée à faire ta check liste des « choses importantes à faire à ton retour », alors tu as du sommeil à rattraper. Un coussin pour caler ta tête, tu fermes les yeux, tu essayes t’oublier la chaleur, toute forme de bruit, cette position inconfortable, ces fourmis dans ton pied gauche, l’étiquette de ton soutif qui te gratte et tu t’imagines dans un grand lit douillet, il fait frais, mais tu as cette épaisse et douce couverture qui te réchauffe. Cette hypocrisie va durer une petite heure, car il va falloir t’y résoudre, on ne peut pas dormir dans un voiture, en tout cas pas toi !


Ainsi, il te reste plus de trois heures de torture, mais tu es chanceuse au fond, tu n’affronteras aucun bouchon, la route est dégagée, tu peux foncer…Tout en respectant les limites de vitesse, en même temps ta petite polo, elle ne peut pas vraiment taper son 200. Pour passer le temps, tu vas écouter de la musique, chanter très faux, parler de tes vacances qui deviennent déjà des souvenirs, critiquer les autres voitures qui conduisent tellement mal, supporter de longues minutes de silence, imiter tous les animaux que tu vas croiser et il y a beaucoup de vaches en France.


Puis arrive le moment fatidique et cette phrase célèbre : « J’ai envie de faire pipi, on peut s’arrêter ». Et comme dans tout voyage qui se respecte, tu vas passer par la case station service (ne passez  pas par la case départ, ne recevez pas 200€) et gouter aux joies des toilettes publiques et des tentations alimentaires qui coutent un bras. Et une fois de plus tu vas faire la queue pendant dix minutes, les jambes bien serrées, tout en priant pour dégoter des toilettes pas trop crasseux. C’est à ton tour de rentrer, tu bouches par précaution ton nez, tu ne respireras que par la bouche et surtout il ne faut pas que tes fesses touchent la cuvette. Cette peur ultime inculquée par ta mère, car les cuvettes sales c’est la mort, tu vas attraper toutes les pires maladies de la terre ; c’est certain la fille qui t’a précédé elle doit être louche niveau hygiène. Tu tiendras pendant toute la durée de ton pipi une position digne d’un acrobate, tout en évitant soigneusement les petites gouttes vicieuses. Femme moderne et dégourdie, tu t’en sors à merveille, tu peux sortir la tête haute et te diriger vers les éviers pour te laver les mains.

 

L’aventure station service n’est pas terminée, tu dois passer devant les rayons gâteaux, glaces, bonbons, boissons, sandwichs et comme par surprise tu réalises que tu un petit peu faim et que tu te laisserais bien tenter par un magnum…Un peu trop ? En même temps il va te rafraichir. Et au passage une petite bouteille d’eau et un coca zéro pour avoir quelque chose à proposer à ton copain. Passage à la caisse, moins dix euros sur ton compte bancaire. Finalement, ce n’était pas une si grande faim.


Et la course folle reprend, tu es à la moitié du parcours, toujours en train d’imiter les vaches et Bon Jovi. Le magnum te semble loin, tu sors le reste d’un paquet de Roudor, manger ça passe le temps c’est bien connu. Dix minutes de gagné…Et un kilo en plus. Complètement déshydratée, tu te retournes pour trouver la bouteille d’eau que tu as jetée au fond du siège passager entre deux valises. Sauf que cette Evian fraiche et désaltérante s’est transformée en eau chaude au goût fadasse après quelques heures passées dans la voiture où il fait 40 degrés, voire un chouïa plus.


C’est le moment fatidique, où ta tristesse de quitter ta Bretagne se transforme en désir ardant d’arriver à la maison, dans ta banlieue. Tu vas même bondir de joie devant les panneaux « Bienvenue en île de France » et « Département de Seine Saint Denis ». Bon, on ne va pas se mentir, lorsque tu arrives devant l’ensemble de tours d’immeubles qui composent ta ville, tu tires la tronche, tout te semble gris et moche. Tu regrettes fortement le petit port de plaisance du Pouliguen, mais la perspective de reprendre la voiture dans l’autre sens, te condamne à prendre l’ascenseur chargée comme un mulet pour retrouver ton home sweet home.


Bilan : Tu pues, tu as chaud, tu es décoiffée, tu as faim, soif, tu es déprimée, tu tires la tronche et tu sais que demain tu vas devoir aller bosser dans la joie et la bonne humeur. Retrouver les odeurs, le métro et ton patron. Les vacances te semblent déjà loin…D’ailleurs, tu te dis qu’une semaine en plus ne te ferait pas de mal et que les quelques heures captive dans une polo ce n’est pas grand-chose contre une journée enfermée dans un bureau…


Sarah.


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Publié dans Je raconte ma vie.com

Commenter cet article

Etincelle 25/08/2010 22:26


J'aime beaucoup ton article, même si il me rappelle de mauvais souvenir (à chaque retour de vacances). Mais peut être qu'il faut en passer par là pour apprécier autant d'y retourner non?


Sarah 26/08/2010 10:01



Merci !!!


En même temps j'ai toujours envie d'être en vacances ! Je rêve de passer ma vie à voyager ! lol Mais dans le monde réel, il faut souvent passer par là !



heidi 23/08/2010 15:00



cou-ra-ge !



Sarah 23/08/2010 15:06



Merci !!!! J'en ai besoin, je suis trop en déprime au travail !