Critique acerbe de Vincent sur Predators de Nimrod Antal

Publié le par Sarah

 

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En 1987 naissait une franchise ô combien lucrative pour la fox: Predator.

Un film que personne n'attendait, réalisé par un Homme qui sait toujours ce qu'il fait, John Mc Tiernan. Ce premier film consacré à l'Alien rasta aussi belliqueux qu'invisible est une manne inéspérée pour le studio: des retombées financières conséquentes vingt ans après sa sortie (rediffusions télé, laserdisc, DVD, Blu-Ray), une suite plutôt bonne, une fanbase importante, des spin-off qui oscillent entre le regardable et le franchement pourri (AVP2 requiem, au titre finalement annonciateur).

 

Rien de plus logique donc à ce que ce gros studio américain produise une séquelle en ces temps de disette scénaristique.

 

Predator c'est avant tout trois facteurs clés. Un réalisateur sous-estimé mais au talent gigantesque. N'oublions pas que McT c'est « A la poursuite d'Octobre rouge », « Die Hard » 1 et 3, « Le 13ème guerrier », « Last action Hero » ou « Basic ». Un casting assez énorme avec Arnold au sommet de sa gloire, Carl Weathers et Shane Black (scénariste et réalisateur de talent: « L'arme fatale », c'est lui, « Kiss Kiss Bang Bang »aussi). Un concept simple mais fort et hyper optimisé grâce à une réalisation fluide, lisible, exposant une topographie complexe avec une grande clarté.

 

Scénaristiquement, c'est carré. Personnages et enjeux sont présentés avec peu de dialogues, leurs actes et attitudes définisant leur nature et fonction dans le récit.

 

Le Predator est un alien qui choisit de chasser en Amérique du sud, exclusivement des proies humaines dangereuses. On apprendra plus tard qu'il s'agit d'un rite initiatique.

De ce pitch simple sortira un film charismatique, fiévreux, tribal, très survival dans l'esprit. Un film dont on s'inspire encore dès qu'il s'agit de filmer la jungle et d'utiliser des lumières naturelles.

 

Predators c'est un peut tout le contraire.

 

Alors que McTiernan s'était proposé pour cette suite, on lui préfère un réalisateur Austro-américain du nom de Nimrod Antal. Un type assez obscur qui a emballé « Kontroll » et « Motel », pas infâmants mais pas gravés dans les mémoires non plus.  On retiendra encore la logique étrange des studios américains qui préfèrent confier le projet à un artisan méconnu plutôt qu'à un poids lourd du genre. Bon, après tout pourquoi pas, il faut bien faire ses armes.

Le problème c'est que la fox détruit méticuleusement sa franchise en 5 minutes chrono.

 

Exposition: Un parachutage de gars dans une jungle extra-terrestre(et une Femme, la caution arty-Cameronienne de la chose), tous étrangers les uns aux autres, qui vont marcher 40 minutes sans vraiment comprendre ce qu'il leur arrive. Premier constat, c'est long comme exposition. Et puis c'est pas comme si ça racontait des tonnes de trucs, faut pas perdre le bouffeur de popcorn en route. C'est éclairé « réalistico-moche », filmé de manière post-moderne; c'est à dire n'importe comment, où l'environnement devient quasi impossible à comprendre. Les raccords pourris sautent au yeux dès la première vision (avec Sarah on en a remarqué deux juste énormes, bordel mais que fait la script!).

 

On pourrait croire, en étant naïf, que le défaut principal réside dans ce problème d'introduction, que le film une fois lancé nous donnera ce que l'on était venu chercher.......ben non.

 

Le Predator, théoriquement au sommet de la chaine alimentaire, se voit ici distancé par un Uber-Predator dont on ne sait presque rien, et aussi par une sorte de pitbull alien au design assez moche.

De charismatique et létal à coup sûr notre alien devient lui aussi  traqué, torpillant de fait tout ce qui faisait la force du concept: Une créature plus que dangereuse, un troupeau d'humain, aucune chance de survie.

S'en suit une alliance improbable où l'alien donne sa confiance à l'Homme juste parce que celui-ci tranche les chaines qui l'entravent. Normalement, ce n'est qu'en faisant ses preuves de guerriers que l'on peut gagner sa considération. Ca pourrait être une scène un minimum mise en valeur au moins, mais non c'est expédié, à l'image du film.

 

Grand moment de solitude pour les 15 dernières minutes du film qui singent le final du VRAI Predator. La comparaison est à ce point honteuse que je ne la détaillerai même pas.

 

En vrac: les personnages sont nuls, Adrian Brody en action hero comme prévu ça ne le fait pas, Laurence Fishburne en Mopheus sous acides est totalement ridicule mais son personnage ne l'aide pas vraiment. Le thème musical, évocateur au possible, est balancé n'importe où et n'importe comment. Les scènes d'action sont à l'image de ce qu'on trouve de plus en plus dans le cinéma américain, à savoir minimalistes, mal torchées, sans ampleur et n'ont pour unique fonction que de meubler le gruyère qui sert de scénario. Les effets spéciaux font un peu pitié pour un film budgetté à 45 millions de Dollar, pour mémoire avec 10 de moins on peut faire Hellboy 2!

 

Le film est donc une catastrophe. Avec l'alibi de la sous-culture fashion et rentable, on nous prend bien pour des cons baby one more time.

Hmmmm, merci qui? Merci la Fox!

 

(Au passage, en ce moment vous pouvez voir « Inception » et « Toy Story 3 », j'dis ça, j'dis rien...)

 

Vincent


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