Bioshock 2 : Quoi de neuf sous l’océan ? Par Vincent.

Publié le par Sarah

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Hier soir, j'ai demandé à Vincent, l'homme qui partage ma vie, de nous écrire une critique de Bioshock 2. Déjà parce que mon homme est un sacré gameur qui a touché aux premières consoles (ou presque) mais aussi parce qu'il a beaucoup de talent dans l'écriture. Trève de blabla, je laisse pour la première fois un homme prendre les commandes de ce blog.


Bioshock premier du nom, paru en 2007, est un jeu de l’équipe d’Irrationnal games avec à sa tête Ken Levine, un des patrons du first person shooter « intelligent » des années 90.

Ce jeu faisait partie d’un sous genre du FPS, le plus souvent appelé FPA pour first person adventure. Derrière ces termes un peu barbares se cache un concept simple qui consiste à faire vivre une aventure au joueur via une vue subjective, basiquement on voit au travers des yeux du personnage que l’on incarne.

Le premier épisode, plébiscité par les critiques et les joueurs, nous racontait comment un Homme programmé  pour une mission spécifique se retrouvait lancé dans les dédales de Rapture, une cité sous-marine délabrée au fond de l’atlantique nord. Toute cette cité repose sur la gestion de l’adam, une mystérieuse découverte scientifique capable de recombiner l’ADN de son utilisateur pour lui permettre d’acquérir des capacités pour le moins étonnantes : Lancer des flammes, électrocuter ses ennemis, hypnose, contrôle des insectes, télékinésie et autres facéties visant à une pacification par le vide des zones explorées. Le maître et instigateur du projet, Andrew Ryan, est éliminé par nos soins et, si vous êtes un Jedi, le jeu se termine par une émouvante cinématique qui nous montre les petites sœurs sauvées nous suivre tout au long de notre vie. On peut démembrer des aliens au rocket launcher et avoir sa petite sensibilité, ce n’est pas interdit.

Après cette introduction très compacte mais nécessaire pour qui ne connait pas le jeu, penchons-nous un peu sur la suite de Bioshock qui de manière fort pertinente se nomme Bioshock 2.

Dix ans se sont écoulés depuis la première aventure, exit Ryan et Fontaine, les principaux protagonistes. Nous incarnons cette fois un Big daddy/Mr P, créature en scaphandre chargée de protéger les petites sœurs pendant leur récolte d’adam sur les cadavres qui jonchent Rapture (eh oui, on n’est pas chez Léa passion vétérinaire ici). Notre but : Retrouver la petite sœur à laquelle nous sommes génétiquement liés. Bien entendu, un personnage se chargera de nous compliquer lourdement la tâche cette fois encore. Il s’agit désormais de Sofia Lamb, gourou psychanalyste ascendant communisme Stalinien, qui à la main mise sur une Rapture encore plus anarchique qu’elle ne l’était précédemment.

Parlons un peu de ce qui fâche tout d’abord.

Le jeu utilise toujours le moteur 3D d’Epic games, l’Unreal Engine 3. Si cet outil est bien connu des développeurs, il souffle quand même ses 4 ans cette année et ça se sent. Le jeu a perdu de sa superbe depuis 2007, surtout en ce qui concerne des modélisations hasardeuses, des animations assez peu convaincantes, une IA souvent à la ramasse et un rendu des textures assez sommaire pour peu que l’on y prête attention. C’est flagrant surtout comparé à la concurrence (Naughty Dog, Guerrilla ou Santa Monica studios) qui avance à pas de géant.

Le deuxième grief concerne la légitimité même d’un deuxième épisode. S’imposait-il vraiment tant l’affaire était rondement menée dans la première aventure ? Mais l’essorage de licence faisant loi dans cette génération de machines, la mise en production de cet épisode fut rapidement validée. On notera d’ailleurs que l’équipe de développement n’est plus la même, désormais c’est 2K Marin qui est chargée de ce que l’on est en droit de nommer une suite de commande.

Mais le jeu nous réserve de nombreuses raisons de nous réjouir malgré tout. En premier lieu il conserve une direction artistique de très haut niveau, rarement rencontrée ailleurs. Rapture est une ville rétro-futuriste qui a une histoire, une identité visuelle prégnante et un palpable gigantisme. Fantasme de fan de science-fiction fifties, elle n’en demeure pas moins très crédible dans son architecture et la fonctionnalité des quartiers explorés. Fait très important, l’aventure à le bon goût de ne jamais nous resservir des environnements issus du premier épisode : Ici on visite un ancien quartier qui était pris par les eaux, le parc d’attraction de Ryan qui nous apprend commet s’est bâtie la cité, le quartier des « plaisirs », un hôpital psychiatrique glauquissime… Des photos de personnes disparues sont placardées dans les rues, des autels sont érigés pour glorifier le culte de Sofia Lamb, des enregistrements audio sont disséminés un peu partout pour nous en apprendre davantage sur la ville et ses habitants. L’ensemble est cohérent, dense, très fidèle au matériau de base et immersif au possible si ce type d’univers vous intéresse.

« Une démo technique ne rend pas les coups ». C’est vrai, le nerf de la guerre c’est le gameplay et celui de Bioshock 2 est un régal de diversité et de précision. La maniabilité, sur pad Xbox 360, n’est jamais prise en défaut. Grande nouveauté du cru 2010, notre personnage peut utiliser à la fois son armement conventionnel ET ses plasmides (nos améliorations génétiques), ce qui ouvre la voie à de nouvelles tactiques de fourbes comme, par exemple, incinérer un ennemi avant de le clouer au mur à l’aide d’un harpon bien ajusté. Bon, là c’est un exemple très bourrin mais rien ne vous empêche de poser des pièges pour sécuriser une zone pendant qu’une petite sœur récolte de l’adam pour vous, de pirater tous les systèmes de sécurité pour faire de l’environnement votre allié, de monter vos ennemis les uns contre les autres, voire de faire preuve de furtivité. Les possibilités sont très larges et une seule partie ne suffira clairement pas pour en faire le tour. Le jeu propose de nouveaux plasmides et de nouvelles armes qui, dans les deux cas pourront être améliorés. Cet aspect personnalisation de notre avatar est toujours aussi plaisant puisqu’il nous permet de définir et affiner notre style de jeu en fonction de nos préférences, d’où un ensemble action/aventure/RPG light très bien dosé et maitrisé.

Nous connaissions les Protecteurs, scaphandriers surarmés et très belliqueux lorsque l’on souhaitait s’accaparer leur petite sœur, une nouvelle et très létale menace plane désormais dans les couloirs de Rapture : La big sister. Et elle n’est pas commode avec ceux qui s’essaient à délivrer (ou « récolter » si vous êtes plutôt dark side) les petites. Utilisant également les plasmides, elles sont nettement supérieures à notre personnage principalement grâce à leur extrême rapidité. C’est un challenge de s’en défaire, et pour une fois ce n’est pas une difficulté artificielle car il vous faudra vraiment anticiper sur ces affrontements.

Petit affront fait à l’intégrité du jeu, le multi-joueurs en ligne fait son apparition. Totalement hors propos, ce mode de jeu n’est là que pour céder à la tendance du tout en ligne. Bioshock c’est une aventure solo et solo only.

Alors que penser de ce Bioshock 2 ? Moi je n’ai qu’un avis de gamer à vous proposer, le meilleur des avis sera toujours le vôtre.

Si pour vous l’intérêt d’un jeu ne passe que par sa réalisation technique qui rentabilise votre nouvelle carte graphique achetée à prix d’or, passez votre chemin car vous serez déçu. De même si la vue typique FPS vous rebute ou si le premier épisode vous a laissé de marbre.

Si vous adhérez à un univers de science-fiction rétro, décalé, jamais rencontré ailleurs, qui vous implique émotionnellement par des choix moraux et une narration en béton, utilisant un gameplay très peaufiné, vous pouvez foncer pour une grosse douzaine d’heures passionnantes.

Cette suite n’échappe pas totalement au syndrome du « 1.5 » tant elle recycle son ainée, mais elle se pose comme une sorte d’anti Call of duty, la preuve que le jeu est avant tout affaire de création et non pas d’industrie formatée. Alors comme toute création, libre à vous de l’apprécier ou pas à l’aune de vos propres critères.

Vincent.

Publié dans La gameuz vous parle

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