Guide de survie à l’université

Publié le par Bobby et Sunny


Cela fait bientôt trois ans que j’ai quitté le lycée pour vivre l’aventure qu’est l’université. Il est loin l’univers sécurisant, voire étouffant, du lycée. À la fac, c’est le règne de l’autonomie et de la débrouillardise, tout particulièrement à Paris 8, là où je passe ma licence d’information et de communication.

Mes soucis ont commencé dès mon inscription lorsque je fus convoquée un samedi alors que l’administration est fermée. Je me suis retrouvée seule dans un lieu inconnu, vaste et vide ; comme première impression, c’est moyen. Malgré tout, je suis parvenue à m’inscrire le lundi suivant après un aller-retour, car il me manquait des documents non précisés dans le courrier.


Ensuite, il est nécessaire d’intégrer et de comprendre le vocabulaire universitaire, car entre UFR, UE, ECT, LMD, c’est loin d’être évident. Et même encore aujourd’hui, il m’arrive de m’emmêler les pinceaux : « Cette UE il vaut combien d’ECT pour l’UFR dans le cadre du LMD ? »  Drôle de langage !


Alors, j’ai eu l’idée brillante d’aller voir la secrétaire de mon UFR pour demander un peu d’aide et de soutien. Et là, c’est le drame! C’est à peine si elle lève la tête pour me dire bonjour et me donne tout juste trois mots comme réponse. Heureusement, elles ne sont pas toutes ainsi. Mais il faut garder en tête qu’elles ne sont pas là pour nous chapoter et nous materner et que les réponses, il faut la plus part du temps les trouver par soi-même.

À l’université, oubliez la gentille secrétaire du lycée.


Puis, il y a les difficultés pour s’inscrire aux différents cours. Dans ma licence, cela se déroule sur Internet. Lors de ma première année, j’ai reçu un courrier m’indiquant l’heure d’ouverture du site. À 9h00 je rentrais le code qui me permettait d’y accéder et surprise, la majorité des cours étaient déjà complets. En réalité, le site était ouvert depuis 6 h du matin et les deuxièmes et troisièmes années avaient déjà prit d’assaut les différents cours. Au final, je suis parvenue à sélectionner trois cours sur sept. Alors, à la rentrée il faut aller « pleurer » pour demander au professeur de bien vouloir nous accepter à son cours, sachant qu’il y a déjà 50 élèves dans une salle qui ne peut en contenir que 30 et que dix autres élèves ont la même requête.


Cette année, l’un de mes professeurs à organiser un « casting » pour choisir les élèves qu’il souhaite prendre à son cours. À ce moment-là, il faut être le plus pathétique possible  et ne pas hésiter à enjoliver notre misérable vie d’étudiant!  Dans mon UFR (tiens-le revoilà lui!) il faut insister auprès des enseignants et ne jamais lâcher lorsque l’on souhaite assister à un cours. C’est certain, cela demande une réelle motivation et un sens du dramatique et de la comédie.



C’est à ce moment que débute le moment le plus agréable (ou pas) de l’université. Pour ma part, j’ai assisté à de nombreux cours que j’ai jugé excellents. Je me suis retrouvée devant de très bons orateurs, capables d’attirer l’attention de cinquante étudiants et de les faire réfléchir. Pour moi, la fameuse liberté que l’on associe péjorativement à l’université, c’est là où je l’ai trouvé. Pour la première fois depuis le début de mes études, on m’a demandé une réflexion et non pas de recracher un cours appris par cœur. Bien sûr, tous les professeurs ne sont pas bons pédagogues et parfois ce fut un véritable supplice. En même temps, c’est le luxe de ma licence, car je peux choisir mes enseignants et éviter les plus pénibles. De mon point de vue, ce qu’il y a de plus horripilant et repoussant à l’université ce n’est pas la pédagogie, mais toute l’administration sinueuse qu’il y a autour.


C’est, aujourd’hui, en troisième année que j’affectionne l’université après de nombreuses mésaventures, qui ne sont pas prêtes de s’arrêter. Car à la fac, et tout particulièrement dans ma licence, rien n’est facile, ni évident. Au contraire, tout est compliqué et demande de la rigueur. Mais, on en ressort grandi et plus autonome. L’université est un monde rude que j’ai réussi à apprécier uniquement après l’avoir parcouru et déjoué ses pièges.


Sunny.

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